L'Australie est depuis longtemps une exception dans le paysage mondial du vapotage, car elle applique certaines des réglementations les plus strictes au monde. Alors que la plupart des pays considèrent le vapotage comme un bien de consommation, l'Australie l'a toujours traité comme un médicament.
Des changements récents ont encore modifié le paysage. Si vous êtes un vapoteur désireux de comprendre le labyrinthe juridique australien, ou simplement curieux de savoir comment différents pays gèrent la réglementation sur la nicotine, la situation aux antipodes constitue une étude de cas fascinante. De la vente en pharmacie aux lois sur l'emballage neutre, voici tout ce que vous devez savoir sur l'approche unique de l'Australie en matière de vapotage.
Le modèle de la pharmacie uniquement
Contrairement aux États-Unis ou au Royaume-Uni, où vous pouvez vous rendre dans une boutique de vapotage ou un magasin de proximité pour acheter votre produit jetable préféré, l'Australie interdit aux détaillants généraux de vendre des produits de vapotage.
En vertu de la loi australienne, tous les produits de vapotage, qu'ils contiennent ou non de la nicotine, doivent être vendus exclusivement dans les pharmacies. Vous ne trouverez pas de jus de vape dans un bureau de tabac, une station-service ou un supermarché. Ce modèle strict de vente en pharmacie est conçu pour séparer complètement le vapotage de l'usage récréatif du tabac.
Historiquement, les vapoteurs avaient besoin d'une prescription médicale pour avoir accès aux vapes à la nicotine. Toutefois, des mises à jour législatives récentes ont ajusté cette exigence afin de rendre l'accès légèrement plus facile pour les utilisateurs adultes, tout en maintenant une surveillance stricte.
Changements récents : 1er octobre 2024
À partir du 1er octobre 2024, la réglementation est passée à un modèle “réservé aux pharmaciens” pour certains produits. Ce changement vise à équilibrer l'accès des adultes qui essaient d'arrêter de fumer et la nécessité d'empêcher les jeunes de commencer à fumer.
Voici le détail des nouvelles règles pour l'achat de vapes en Australie :
- Âge requis : Vous devez être âgé de 18 ans ou plus.
- Aucune prescription n'est nécessaire (pour certains produits) : Les adultes peuvent désormais acheter des vapes avec une concentration de nicotine allant jusqu'à 20 mg/mL sans ordonnance.
- Consultation requise : Avant l'achat, vous devez consulter le pharmacien. Il ne s'agit pas d'une simple transaction, mais d'une consultation de santé au cours de laquelle le pharmacien discute du choix du produit, des conseils de dosage et des stratégies de sevrage tabagique.
- Identification et suivi : Vous devez présenter une preuve d'âge valide, et les achats sont suivis pour s'assurer que vous ne dépassez pas une limite mensuelle.
- Points forts supérieurs : Pour les produits dont la concentration en nicotine est supérieure à 20 mg/ml, la prescription médicale reste obligatoire.
Restrictions en matière d'arômes et d'emballages
L'Australie ne s'est pas contentée de restreindre où les vapes ; ils ont également fortement restreint les possibilités d'achat de vapes. ce que que vous pouvez acheter.
Afin de réduire l'attrait du vapotage pour les mineurs, le gouvernement a interdit la plupart des e-liquides aromatisés. Les seuls arômes autorisés sont :
- Menthe
- Menthol
- Tabac
Si vous êtes habitué à la vaste gamme d'arômes de fruits, de desserts et de boissons disponibles sur d'autres marchés, cette liste vous semblera incroyablement courte.
En outre, les dispositifs eux-mêmes doivent être vendus dans un emballage simple, de type pharmaceutique. Pas de couleurs vives, pas de dessins animés accrocheurs, pas d'image de marque attrayante. L'objectif est de donner au produit un aspect aussi clinique et peu attrayant que possible, afin de renforcer son statut d'outil d'aide au sevrage tabagique plutôt que de produit de style de vie.
Le défi du marché noir
Malgré les efforts du gouvernement pour réglementer strictement le marché, l'Australie est confrontée à un obstacle de taille : le commerce illicite.
Les interdictions strictes créent souvent des opportunités pour les marchés noirs, et l'Australie ne fait pas exception. Selon les estimations du secteur, environ 1,9 milliard de dollars australiens (environ 1,2 milliard de dollars américains) de tabac et de produits de vapotage illégaux circulent chaque année dans le pays.
Les détracteurs du modèle actuel affirment qu'en rendant l'accès légal difficile et en restreignant si sévèrement les arômes, le gouvernement a involontairement alimenté ce marché noir. Les parties prenantes affirment que les réglementations limitent la croissance d'une industrie légitime et réglementée qui pourrait garantir la sécurité des produits et générer des recettes fiscales. Au lieu de cela, de nombreux consommateurs se tournent vers des sources non réglementées pour trouver les produits jetables très forts et les arômes de fruits qu'ils préfèrent, contournant ainsi les contrôles de sécurité inhérents au circuit légal des pharmacies.
Ce que cela signifie pour les vapoteurs
Pour les vapoteurs australiens, la voie légale est claire mais étroite. Vous avez accès à des produits sûrs et réglementés, mais vos choix en termes d'arômes et de types d'appareils sont très limités par rapport au reste du monde.
Pour les observateurs internationaux, l'Australie représente une expérience unique en matière de politique de santé publique. Elle donne la priorité à une médicalisation stricte plutôt qu'à une réduction des dommages par le biais du choix du consommateur. La question de savoir si ce modèle parviendra à faire baisser les taux de tabagisme sans favoriser l'émergence d'un vaste marché illicite fait toujours l'objet d'un débat intense.


